Créatrice de contenu, consultante et entrepreneure, Laura Belconde a fondé The Good Boss en 2025, une plateforme spécialisée en performance sociale et bien-être au travail, elle accompagne aujourd’hui les entreprises dans la transformation de leur culture managériale. Un parcours né d’une épreuve : son propre épuisement professionnel.
« The Good Boss » : une naissance après la chute
Tout a commencé par un épuisement professionnel. À l’époque, Laura travaillait dans le e-commerce, passionnée, investie, toujours prête à relever de nouveaux défis. « J’étais très engagée, j’adorais mon travail et je comprenais les enjeux de l’entreprise. Pendant le Covid, j’étais la première à dire qu’il fallait se serrer les coudes », raconte-t-elle.
Mais à force de donner et de ne rien recevoir en retour, la colère et la fatigue se sont dégradées et son corps a fini par dire stop.
Les signes ? Une rumination constante, des nuits sans sommeil, une anxiété grandissante. « Je pensais sans cesse à ce ce qu’il aurait pu être fait, à ce que j’aurais voulu dire à ma direction. Je voyais bien que ça n’allait pas, mais j’adorais ce que je faisais… alors j’ai tenu, jusqu’à ce que la corde lâche. »
Voyant que la plupart de ses collègues et proches étaient aussi en épuisement professionnel, Laura commence alors à se documenter, à explorer les causes du mal-être professionnel et ses conséquences. De là est née une conviction : et si le mal-être au travail était systémique et qu’il fallait le repenser en profondeur ? Elle finit par tout quitter pour faire un travail de recherche sur les dysfonctionnements du travail et l’impact du bien-être & mal-être sur la performance des entreprises, et elle développe un protocole de performance sociale.
Burn out, bore out, brown out… et si on parlait aussi du “blow out ” ?
Les mots burn out ou épuisement professionnel sont aujourd’hui bien connus, mais ils recouvrent en réalité plusieurs réalités distinctes.
Laura les a étudiées de près, et elle en a même identifié une nouvelle, encore méconnue.
- Le burn out : c’est la forme la plus médiatisée. Elle résulte d’une surcharge de travail, d’une pression constante et d’un stress chronique. Le salarié donne tout, sans jamais se ressourcer. Son corps et son esprit finissent par s’effondrer.
- Le bore out, à l’inverse, survient quand l’ennui devient destructeur. Le manque de stimulation, de défis et de sens peut provoquer une perte totale de motivation, voire une forme de dépression silencieuse.
- Le brown out touche celles et ceux qui ne trouvent plus de sens à leur travail. Ce décalage entre les valeurs personnelles et les missions confiées — ou la perception d’un “bullshit job”, conduit à une démobilisation progressive.
- Et puis il y a le “blow out”, celui dont Laura parle avec passion. « Ce n’est pas un terme officiel, mais c’est, selon moi, le plus courant aujourd’hui », explique-t-elle.
Le blow out, c’est l’épuisement par manque de considération. On ne manque pas de travail, ni de sens, mais de reconnaissance, d’écoute et de ressources pour palier aux problématiques qu’on rencontre. On continue à avancer dans un métier qu’on aime, mais sans jamais se sentir soutenu, jusqu’à “exploser”.
« J’ai réalisé que je ne cochais aucune case des trois formes classiques d’épuisement. Ce que je vivais, c’était autre chose : un manque de considération, un système qui ne prend pas soin de ses collaborateurs. On était beaucoup à se sentir comme des robots. »
« Beaucoup de personnes me disent : “Ce que tu décris, c’est exactement ce que je vis.” Ce n’est pas un hasard : le manque de considération et la pression invisible du « don de soi » sont devenus les nouveaux moteurs de la fatigue au travail. »
Se reconstruire : respirer, écouter, comprendre
C’est en acceptant de demander de l’aide que Laura entame sa reconstruction. « J’ai consulté une psychologue. Pour la première fois, je n’arrivais plus à m’en sortir seule. Elle m’a appris à respirer, littéralement. La respiration, c’est ce qui m’a permis de reprendre le contrôle sur le stress et de retrouver de la clarté. »
Son arrêt de travail initial de quinze jours s’est révélé insuffisant : « Il faut savoir que le corps, quand il lâche, peut mettre jusqu’à 22 mois à récupérer. »
Revenue au bureau, elle décide d’en parler ouvertement. Une démarche courageuse qui provoque un électrochoc dans son entreprise. « Ils ont voulu me garder, m’ont proposé une augmentation, un mi-temps… Mais c’était trop tard, le mal était fait. »
Changer de regard sur le management
Avec le recul, Laura ne blâme plus son manager. « J’étais très en colère au début, puis j’ai compris qu’il allait lui aussi très mal. Il n’avait juste pas l’espace pour nous soutenir. Tout le système dysfonctionne. »
Son constat est sans appel : le modèle actuel du travail génère des décisions inhumaines et contre-productives.
« Dans mon ancienne équipe, 35 personnes sur 40 sont parties. Et ça coûte des millions aux entreprises. Pourtant, piloter sa performance sociale devrait être une évidence. »
Aujourd’hui, Laura sensibilise et accompagne les organisations à mesurer et à valoriser le bien-être au travail, en intégrant ces données dans leurs bilans.
Devenir un “Good Boss”
Si elle devait donner un seul conseil à un (jeune) manager, ce serait celui-ci : écouter et comprendre.
« L’empathie est la compétence clé. Mais on ne peut pas être empathique quand on est soi-même épuisé. »
Pour Laura, les entreprises devraient repenser leur modèle managérial autour d’un binôme de compétences : un manager expert de son métier, et un autre expert de l’humain.
« Le premier gère les missions, le second veille au bien-être des équipes. Ensemble, ils forment un vrai leadership durable.
Conclusion : et si la performance passait d’abord par l’humain ?
L’histoire de Laura Belconde rappelle une évidence souvent oubliée : une entreprise performante est avant tout une entreprise où l’on se sent bien.
Repenser le travail autrement, c’est remettre l’humain au cœur du système, pas seulement pour éviter l’épuisement, mais pour construire un monde professionnel plus durable, plus juste et plus performant.
🧭 The Good Boss
👉 The Good Boss est une plateforme fondée par Laura Belconde qui révèle, accompagne et connecte les entreprises engagées pour transformer durablement le modèle du travail et faire émerger une nouvelle génération d’organisations où les salariés s’épanouissent et les entreprises performent durablement.
Elle partage aussi ses conseils sur Instagram, Tiktok, Youtube et LinkedIn, où elle réunit une communauté engagée autour d’un même objectif : réconcilier performance et bien-être. @laurabienetreautravail