Travailler avec un trouble bipolaire : réalités et solutions 

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bipolarité

Selon l’Inserm, près de 1 à 2 % de la population mondiale est concernée par les troubles bipolaires. En entreprise, cela représente potentiellement des milliers de collaborateurs souvent invisibles, car encore largement stigmatisés. Entre idées reçues et manque d’information, la bipolarité reste mal comprise dans le monde du travail. Pourtant, avec un cadre adapté et une meilleure connaissance du sujet, il est tout à fait possible de construire un environnement professionnel inclusif, bénéfique pour tous. 

Peut-on travailler avec un trouble bipolaire ? Une question encore trop fréquente

La réponse est claire : oui, une personne bipolaire peut travailler. Comme pour toute pathologie, la capacité à travailler dépend de plusieurs facteurs, notamment le suivi médical, la stabilité du trouble et l’environnement professionnel. 

Le trouble bipolaire se caractérise par une alternance de phases dépressives et de phases dites maniaques ou hypomaniaques. Ces variations peuvent impacter l’énergie, la concentration ou encore les interactions sociales. Mais avec un traitement adapté et un accompagnement, de nombreuses personnes vivent une vie professionnelle stable et épanouie. 

En France, le trouble bipolaire peut être reconnu comme un handicap au sens de la loi, permettant l’accès à des dispositifs de compensation via la RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé). Cette reconnaissance ouvre des droits, notamment en matière d’aménagement du poste ou du temps de travail. 

Quels sont les défis spécifiques de la bipolarité au travail ? 

Des fluctuations qui peuvent impacter le quotidien professionnel 

Les phases dépressives peuvent entraîner une baisse de motivation, des difficultés de concentration ou une fatigue intense. À l’inverse, les phases maniaques peuvent se traduire par une prise de décision rapide, parfois impulsive, ou une surcharge d’activité. 

Ces variations ne sont pas permanentes, mais elles nécessitent une certaine compréhension de la part de l’entourage professionnel. 

Le poids de la stigmatisation 

La bipolarité souffre encore de nombreux clichés. Elle est parfois associée à une instabilité incontrôlable, ce qui peut freiner l’embauche ou l’évolution professionnelle. 

Cette stigmatisation pousse de nombreux salariés à ne pas parler de leur trouble, par peur d’être jugés ou discriminés. 

Selon une étude de Santé Publique France, les troubles psychiques restent parmi les handicaps les moins visibles mais les plus discriminés en entreprise.

Comment travailler avec une personne bipolaire ? Les clés d’une collaboration inclusive 

1. Favoriser un climat de confiance et de dialogue 

La première étape consiste à créer un environnement où la parole est possible, sans obligation. Il ne s’agit pas de demander à un collaborateur de dévoiler sa situation, mais de garantir qu’il puisse le faire sans crainte. 

Un management basé sur l’écoute et la bienveillance est essentiel. 

2. Adapter l’organisation du travail si nécessaire 

Certaines adaptations simples peuvent faire une réelle différence : 

  • Flexibilité des horaires  
  • Télétravail partiel  
  • Aménagement de la charge de travail  
  • Clarification des priorités  

Ces ajustements bénéficient souvent à l’ensemble des équipes, au-delà des situations individuelles. 

3. Clarifier les rôles et les attentes 

Une communication claire permet de limiter le stress et les incompréhensions. Cela inclut : 

  • Des objectifs précis  
  • Des feedbacks réguliers  
  • Des consignes structurées  

Cela contribue à sécuriser le collaborateur et à maintenir une performance durable. 

4. Sensibiliser les équipes sans stigmatiser 

Former les managers et sensibiliser les équipes aux troubles psychiques permet de déconstruire les idées reçues. L’objectif n’est pas de pointer une personne, mais de créer une culture commune plus inclusive. 

Exemples concrets et dispositifs utiles 

Des initiatives en entreprise 

Certaines entreprises mettent en place des programmes de santé mentale incluant : 

  • Des cellules d’écoute psychologique  
  • Des référents handicap  
  • Des formations dédiées aux troubles psychiques  

Ces dispositifs permettent d’anticiper les difficultés et d’accompagner les collaborateurs dans la durée. 

Des structures d’accompagnement

Plusieurs organismes peuvent soutenir salariés et employeurs : 

  • Agefiph : accompagnement pour l’emploi des personnes en situation de handicap 
  • UNAFAM : soutien aux personnes concernées par des troubles psychiques et à leurs proches 
  • Psycom : information et sensibilisation sur la santé mentale 

Ces ressources permettent d’agir concrètement, en complément des dispositifs internes à l’entreprise. 

Vers une entreprise plus inclusive : changer de regard sur la bipolarité 

Travailler avec une personne bipolaire ne nécessite pas des compétences exceptionnelles, mais plutôt une posture adaptée. Cela implique de sortir d’une logique de performance uniforme pour aller vers une approche plus individualisée. L’inclusion ne consiste pas à traiter tout le monde de la même manière, mais à donner à chacun les moyens de réussir. 

Dans ce cadre, les troubles psychiques, dont la bipolarité, invitent les organisations à repenser leurs pratiques managériales, souvent au bénéfice de tous les collaborateurs. 

La bipolarité n’est pas incompatible avec le travail. Avec de l’information, du dialogue et des ajustements adaptés, elle peut être intégrée dans une dynamique professionnelle constructive. En dépassant les idées reçues, les entreprises ont l’opportunité de renforcer leur culture inclusive et d’améliorer durablement la qualité de vie au travail. 

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