Les réfugiés se définissent comme des personnes qui ont été obligées de fuir leur pays d’origine à cause de conflits ou de menaces graves pour leur sécurité. En Europe, le statut de réfugié est accordé (ou non) à l’issue d’une procédure de demande d’asile. La France fait partie des principaux pays d’accueil européen, qui plus est depuis la guerre en Ukraine. Qu’en est-il de l’insertion professionnelle des réfugiés ? On fait le point.
Quels défis pour les entreprises ?
Lorsqu’ils arrivent en France, les réfugiés entament un véritable parcours d’intégration, notamment au niveau professionnel. Entre les barrières linguistiques et culturelles, il n’est pas toujours évident de s’insérer sur le marché du travail. Focus sur les principaux défis pour les entreprises (comme pour les réfugiés).
Les barrières linguistiques
Le principal obstacle pour l’insertion professionnelle des réfugiés est sans conteste la barrière de la langue. En effet, les réfugiés n’ont pas anticipé leur déplacement et ont fui leur pays sous contrainte, dans la précipitation. De ce fait, contrairement à d’autres primo-arrivants – ressortissants d’un pays tiers de l’UE titulaires d’un titre de séjour depuis moins de cinq ans – les réfugiés maîtrisent moins facilement la langue du pays d’accueil. Cela peut les freiner dans la constitution d’un réseau professionnel, par exemple.
De même, tout ce qui relève de la communication quotidienne, de l’accès au services publics ou encore de la formation, devient très compliqué à gérer pour les réfugiés, à cause de cette barrière linguistique.
Les obstacles administratifs et juridiques
Au-delà de la barrière de la langue, les démarches administratives peuvent vite devenir un obstacle pour les réfugiés en recherche d’emploi. L’obtention d’un permis de séjour, par exemple, reste un processus long et complexe, nécessitant des documents officiels en français. De même, la simple ouverture d’un compte bancaire peut être laborieuse, car il faut souvent justifier d’une adresse et d’un emploi. L’accès aux soins de santé peut aussi s’avérer compliqué, notamment pour obtenir une carte vitale.
Pour les entreprises qui souhaitent travailler avec un réfugié, ces obstacles administratifs peuvent devenir des points bloquants à l’embauche, car certains documents sont obligatoires.
La reconnaissance des qualifications et de l’expérience
La reconnaissance des diplômes étrangers est un autre défi majeur pour les réfugiés et les entreprises qui souhaitent les intégrer dans leurs équipes. En effet, cela peut impacter l’insertion professionnelle car le processus de reconnaissance des qualifications peut devenir long et complexe. Cela oblige les entreprises à faire des démarches auprès de divers organismes. Côté réfugié, l’écueil est d’accepter des postes en dessous de leurs compétences par manque de reconnaissance.
Bon à savoir
Plusieurs dispositifs ont été mis en place pour lutter contre le déclassement professionnel des personnes réfugiées, à l’image de la reconnaissance des diplômes et qualifications par le centre ENIC-Naric France, ainsi que le passeport européen des qualifications des réfugiés.
Les différences culturelles et l’adaptation au marché du travail local
Les différences culturelles sont également un défi majeur pour les entreprises comme pour les réfugiés car elles peuvent créer un sentiment d’isolement de ces derniers. En effet, le fait de ne pas toujours saisir les subtilités de la culture et de la langue française peut créer des difficultés, pour les réfugiés, à établir des relations professionnelles et amicales.
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Quelles opportunités pour les entreprises ?
Au-delà des défis de l’insertion professionnelle des réfugiés, les entreprises peuvent y trouver un grand nombre d’atouts et d’opportunités, à commencer par la diversité au sein de leurs équipes et une certaine ouverture d’esprit.
Amener de la diversité
Les personnes réfugiées apportent une diversité de compétences, certes, mais également une diversité d’expériences à partager. Cela ouvre de nouvelles perspectives qui viennent enrichir les points de vue des collaborateurs. Les différences culturelles et sociales, considérées comme un obstacle au départ, peuvent devenir de véritables opportunités de croissance, en stimulant la créativité, l’innovation ainsi que la performance.
Répondre à la pénurie de main d’œuvre
Les personnes réfugiées peuvent avoir des compétences spécifiques et précieuses dans certains secteurs qui peinent à trouver preneurs, à l’image de l’artisanat, de l’information ou encore de l’analyse de données.
Améliorer l’image de marque de l’entreprise
Intégrer des réfugiés venus de l’étranger aux équipes françaises constitue une véritable expérience humaine, qui redonne du sens au travail. Ce cercle vertueux favorise une dynamique positive, où les collaborateurs deviennent les meilleurs ambassadeurs de l’entreprise. Ils contribuent ainsi à renforcer son image de marque tout en mettant en avant son engagement en matière de RSE.