En France, les femmes représentent seulement 23 % des salariés de la métallurgie, alors que les besoins de recrutement restent très importants. Industrie, énergie, bâtiment ou transport continuent d’être associés à des métiers « d’hommes », freinant parfois les candidatures féminines.
Pour les entreprises, favoriser la mixité n’est plus seulement une question d’égalité professionnelle. C’est aussi une réponse aux tensions de recrutement et un moyen de diversifier les compétences au sein des équipes.
Alors, comment attirer davantage de femmes vers ces métiers ?
Pourquoi les femmes candidatent-elles encore peu ?
Les résistances apparaissent bien avant l’embauche.
Les stéréotypes de genre influencent encore les choix d’orientation dès le collège ou le lycée. Les métiers techniques sont souvent présentés comme physiques, masculins ou peu compatibles avec certains projets de vie.
Le manque de modèles féminins contribue également à cette autocensure. Lorsqu’une jeune femme ne voit jamais d’électricienne, de soudeuse ou de technicienne de maintenance, il est plus difficile de s’imaginer exercer ces professions.
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Le recrutement inclusif change progressivement la donne
Pour attirer davantage de candidates, plusieurs entreprises repensent leurs pratiques de recrutement.
Des offres d’emploi plus inclusives
L‘Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) accompagne les entreprises dans la rédaction d’offres d’emploi plus neutres afin de limiter les biais de genre. Certains mots ou formulations peuvent inconsciemment décourager des candidates pourtant qualifiées.
Cette démarche produit des résultats encourageants : les femmes représentent désormais 43 % des stagiaires et alternants de la branche, soit une progression de 15 points en quatre ans.
Aller à la rencontre des futures recrues
Le recrutement inclusif passe aussi par des actions de terrain : partenariats avec les établissements scolaires, forums de l’emploi, journées d’immersion ou des interventions.
Ces initiatives permettent de faire découvrir des métiers parfois méconnus et d’encourager davantage de femmes à envisager une carrière dans les secteurs techniques.
Des secteurs qui montrent la voie
L’énergie : des métiers techniques qui se féminisent progressivement
Le secteur de l’énergie fait lui aussi évoluer ses pratiques de recrutement afin d’attirer davantage de femmes.
À l’image de RTE, gestionnaire du réseau public de transport d’électricité, qui valorise le parcours de ses techniciennes de maintenance à travers sa campagne RTE au féminin.
Ces professionnelles interviennent chaque jour sur le réseau électrique et partagent leur expérience pour montrer que ces métiers sont accessibles à toutes. En donnant de la visibilité à ces parcours, l’entreprise contribue à déconstruire les stéréotypes de genre et à encourager davantage de femmes à rejoindre les métiers techniques.
Le transport attire de nouveaux profils
La RATP mise également sur la mixité de ses équipes.
Le témoignage de Karine, devenue conductrice de bus après une première carrière dans la conception de saxophones, montre qu’une reconversion d’un métier bureautique vers un métier technique est possible.
« J’ai trouvé dans cette profession un équilibre entre autonomie, relation avec les voyageurs et stabilité de l’emploi. »
L’industrie poursuit sa transformation
La métallurgie reste l’un des secteurs les moins féminisés.
Pourtant, des parcours comme celui de Myriam Boubram, première femme Meilleure Ouvrière de France en soudure en 2019, participent à faire évoluer les représentations. Son histoire rappelle que les compétences techniques ne sont pas qu’une question de genre.
Et dans le BTP ? Exemple de « Le plombier ? C’est moi »
Dans le bâtiment aussi, les lignes bougent.
Plombière de métier, Cindy raconte que certains clients cherchent et demandent encore spontanément « le plombier » lorsqu’elle arrive seule sur un chantier. Elle a choisi de partager son quotidien sur les réseaux sociaux afin de montrer qu’une femme peut exercer ce métier avec autant de compétences que ses collègues masculins.
Ses publications inspirent d’autres femmes à franchir le pas vers reconversion ou de la formation. Elles illustrent le rôle essentiel des modèles féminins pour déconstruire les stéréotypes.

« Quand les clients me voient, ils complexent un peu et se cherchent des excuses. Ils se sentent obligés de me dire, par exemple : “Je ne pouvais pas intervenir, car l’endroit est trop exigu et je ne passe pas !” Ce n’est pas inné d’être bricoleur, même quand tu es un homme. Franchement, ça ne sert à rien de se trouver des excuses, ce n’est pas parce que tu es un bonhomme que tu sais faire ça mieux qu’une femme. »
Source : Interview de Cindy Plumbs dans le magazine Zepros
Vers une plus grande mixité des métiers techniques
Féminiser les métiers techniques ne consiste pas uniquement à recruter davantage de femmes. C’est aussi agir sur les représentations, rendre visibles des parcours inspirants et construire des pratiques de recrutement plus inclusives. En ouvrant ces métiers à toutes les compétences, les entreprises répondent à un enjeu d’égalité professionnelle tout en faisant face aux difficultés de recrutement.