Handicap psychique, mental et cognitif : comprendre les différences pour mieux accompagner les salariés

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Personnes au travail

Handicap psychique, mental, cognitif : ces trois termes sont souvent employés sans distinction alors qu‘ils recouvrent des réalités bien distinctes. Il faut dire qu’ils désignent fréquemment des handicaps invisibles, difficiles à repérer au premier coup d’œil. Les comprendre permet de mieux identifier les besoins d’une personne en situation de handicap au travail. Et donc de lui offrir les bonnes conditions pour s’épanouir.

Handicap psychique, mental et cognitif : trois réalités différentes

En France, la loi du 11 février 2005 reconnaît ces trois formes de handicap de manière distincte. Chacune touche des fonctions différentes, avec des conséquences qui lui sont propres.

Le handicap psychique

Le handicap psychique découle d’une maladie psychiatrique ou de troubles de la santé mentale. Il faut noter qu’il n’implique absolument aucune déficience intellectuelle. Les facultés de réflexion restent totalement intactes.

En revanche, les troubles altèrent la relation à soi et aux autres. Ils ont des conséquences directes sur les capacités d’adaptation, la vie sociale, la gestion du stress ou l’organisation. Les manifestations peuvent varier dans le temps.

Parmi les pathologies concernées, on retrouve notamment la schizophrénie, les troubles bipolaires, la dépression sévère ou les troubles anxieux. Les troubles psychiques touchent près d’un français sur cinq.

Le handicap mental

Le handicap mental, lui, découle d’une déficience intellectuelle. Il apparaît le plus souvent à la naissance ou dans la petite enfance.

Ses origines sont variées : une anomalie génétique comme la trisomie 21, des complications à la naissance, un accident… La personne peut rencontrer des difficultés de compréhension, d’apprentissage ou de raisonnement. Son autonomie peut aussi être limitée dans certaines situations.

Attention aux raccourcis : handicap mental ne veut pas dire absence de compétences professionnelles.
Avec un poste et un accompagnement adaptés, ces salariés trouvent pleinement leur place.

Le handicap cognitif

Le handicap cognitif désigne un dysfonctionnement qui affecte spécifiquement certaines fonctions de la pensée. Il peut s’agir de la mémoire, de l’attention, de la concentration, du langage ou du repérage dans l’espace.

Les origines de ces troubles sont variées. Ils peuvent résulter de troubles du neurodéveloppement comme les troubles DYS ou le TDAH. Ils surviennent parfois après un accident, un traumatisme crânien, un AVC ou une maladie neurodégénérative. Le fonctionnement intellectuel global de la personne peut être parfaitement préservé.

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Quelles différences entre ces trois formes de handicap ?

Sur le terrain, les frontières ne sont pas toujours nettes. Une même personne peut d’ailleurs cumuler plusieurs de ces handicaps. Ce tableau donne quelques repères pour y voir plus clair.

Type de handicapCe qui est principalement concernéManifestationsExemplesConséquences possibles au travail
PsychiqueLa santé psychique, les émotions, le comportementTroubles variables dans le temps, anxiété, fatigue, repli sur soiSchizophrénie, troubles bipolaires, dépressionDifficultés à gérer le stress, les imprévus ou les relations d’équipe
MentalLes capacités intellectuellesCompréhension, apprentissage et raisonnement plus lents, stables dans le tempsTrisomie 21, syndrome de l’X fragileBesoin de consignes simples et d’un apprentissage progressif
CognitifCertaines fonctions ciblées (mémoire, attention, langage…)Oublis, difficultés à se concentrer ou à organiser son travailTroubles dys, TDAH, séquelles d’AVCFatigabilité, difficultés face aux tâches multiples ou aux longs écrits

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Que changent ces différences dans l’entreprise ?

Distinguer ces handicaps, ce n’est pas poser un diagnostic. C’est adopter le bon regard et proposer les bons ajustements. Une entreprise inclusive tient compte des spécificités de ces handicaps à chaque étape du parcours professionnel.

Un process de recrutement adapté

Les entretiens et les processus de sélection classiques posent souvent d’importants obstacles. Un test technique chronométré peut notamment bloquer une personne ayant un trouble cognitif, tandis qu’un entretien très formel peut déstabiliser un candidat avec un trouble psychique.

Il s’avère donc essentiel de ne pas confondre une différence de fonctionnement avec un manque de compétences. Adapter les modalités de recrutement aide à révéler les vrais talents. Vous pouvez, par exemple, transmettre les questions à l’avance ou privilégier une mise en situation pratique. Autoriser un accompagnant ou allonger la durée d’un test peut aussi faire la différence.

Des manifestations parfois difficiles à repérer

Ces handicaps sont souvent invisibles. Le risque ? Les prendre pour des traits de caractère.

Un salarié qui oublie une consigne passera pour étourdi. Un autre, fatigué par son traitement, semblera manquer de motivation. Les stéréotypes pèsent lourd, en particulier autour des troubles psychiques. Beaucoup de personnes préfèrent d’ailleurs taire leur handicap, par peur d’être jugées. Former les managers et libérer la parole aide à dépasser ces représentations.

Des besoins d’accompagnement différents

Chaque situation appelle des réponses spécifiques :

  • L’environnement compte : un espace calme peut aider une personne qui a des troubles de l’attention.
  • Le rythme aussi : horaires aménagés, pauses régulières ou télétravail soulagent souvent un salarié avec un handicap psychique.
  • Les consignes gagnent à être claires, écrites, voire illustrées, notamment en cas de handicap mental.
  • Enfin, les tâches peuvent être réorganisées, découpées en étapes ou priorisées.

Le bon réflexe ? En parler avec la personne concernée, qui reste la mieux placée pour exprimer ses besoins. Des acteurs comme l’Agefiph peuvent ensuite accompagner l’employeur dans la mise en place des aménagements. C’est souvent ainsi qu’une entreprise inclusive se construit : par petites touches, au plus près des besoins réels.