Inclusion

Diversité au travail : du chemin à parcourir !

Temps de lecture 4 min Aurélie Tachot
Une étude menée en novembre 2020 par le site emploi Monster révèle qu’un employeur français sur deux n’a pas mis en place de stratégie spécifique en matière de diversité et d’inclusion en interne. Le tableau n’est pas entièrement noir pour autant : 46 % disent vouloir mettre à jour leur politique de recrutement pour attirer des talents plus diversifiés.

Les employeurs français sont à la traîne

Le chemin est encore long avant que l’inclusion devienne un « non-sujet » au sein de l’entreprise. Une étude menée par Monster en France auprès de 404 professionnels du recrutement en novembre 2020 rappelle que les employeurs n’abordent pas la thématique de la diversité au travail avec le même intérêt. Dans l’hexagone, 45 % des sondés disent ne pas avoir de stratégie de diversité et d’inclusion. C’est 13 points de plus que la moyenne mondiale et 15 points de plus qu’en Grande-Bretagne. À noter que ce pourcentage est plus marqué dans les PME (22 % n’ont aucune politique) que dans les moyennes entreprises (16 %) et les grands groupes (9 %). Pourtant – et c’est rassurant – l’intention existe : 34 % des employeurs déclarent ne pas avoir actualisé leur stratégie mais estiment qu’ils devraient le faire. C’est donc le passage à l’acte qui fait défaut. « Les entreprises françaises sont encore loin des statistiques mondiales. Mais nous assistons à une accélération des initiatives en faveur de la diversité, l’équité et l’inclusion, catalysées notamment par la crise sanitaire », commente Romain Giunta, responsable éditorial de Monster France.

Les candidats de la génération Z ont des attentes élevées en matière de diversité au travail

Si les entreprises s’intéressent de près au sujet de la diversité au travail et de l’inclusion, c’est aussi parce que leurs salariés les somment de se mettre au diapason. Et ils sont loin d’être les seuls. « Les candidats n’hésitent plus à montrer leurs attentes sur ces sujets lors de leur processus d’embauche et à challenger leur futur employeur. Les entreprises se retrouvent nécessairement obligées de mettre à jour leur politique et de donner à voir leurs actions concrètes mises en place, faute de perdre en crédibilité », indique Romain Giunta. En France, 43 % des recruteurs pensent que les candidats souhaitent être informés sur les efforts de diversité et d’inclusion de l’entreprise. À juste titre : lorsqu’ils sont en poste, c’est surtout sur l’égalité salariale (46 %), la formation des employés à l’inclusion (43 %) et l’inclusion de l’environnement de travail (23 %) que les salariés Français souhaitent voir leur entreprise agir. À l’échelle mondiale, la représentativité de toutes les origines (raciales, sociales…) dans les postes de direction est également citée. En 2021, les priorités des entreprises en matière de d’inclusion sont surtout portées sur l’âge (29 %), l’égalité des sexes (28 %) et le handicap (19 %). Un dernier chiffre qui monte à 40 % chez les employeurs recrutant des jeunes issus de la génération Z, preuve que les lignes bougent dans le bon sens.