Egalité Professionnelle

Égalité salariale : 3 heures pour apprendre aux femmes à négocier

Temps de lecture 6 min Véronique Pierré
Lorsqu’on leur apprend à négocier pour elles-mêmes, les femmes osent demander une augmentation. Audencia, l’école de commerce de Nantes, a créé un programme qui a fait ses preuves.

Il suffit de 3 heures de formation pour que les femmes osent négocier leur salaire, une augmentation ou une promotion ! En 2017, Audencia, l’école de commerce de Nantes lançait #NégoTraining, un atelier gratuit réservé aux femmes.

Objectif : leur apprendre à négocier. Cinq ans après, près de 3300 femmes ont suivi cet atelier de 3 h, et la troisième étude d’impact montre que ce dispositif a fait ses preuves : 90 % des femmes ayant négocié après la formation obtiennent des avancées professionnelles importantes dans les mois qui suivent (augmentation de salaire, primes, avantages en nature, promotion ou changement de poste…).

C’est une évidence : les femmes doivent apprendre à négocier. « L’étude montre que ne pas négocier n’est pas une question de compétences de la part des femmes » souligne André Sobczak, Délégué général RSE à Audencia.

Il suffit d’un déclic pour qu’elles osent : un peu de confiance en soi, des outils concrets qu’il suffit d’utiliser et c’est parti : « négocier se prépare, et suivre nos conseils conduit sur le chemin de la réussite » insiste-t-il.

Car à l’heure où la revendication « à travail égal salaire égal » a encore bien du mal à s’imposer dans les entreprises (l’écart de rémunération entre les femmes et les hommes est de 16,8 % dans le privé et de 12,4 % dans le public), certains comportements ont la vie dure : une étude sur les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur français en recherche d’un premier emploi indique qu’un homme sur deux négocie son premier salaire, versus une fille sur six !

« Les femmes ont l’impression qu’on reconnait leurs compétences et qu’on leur propose un juste salaire » commente André Sobczak.

Or, plus on demande, plus on a de chance d’obtenir quelque chose. Il s’agit ici d’une dévalorisation systémique : « Toutes les études montrent que les femmes négocient très bien pour leur équipe, leur entreprise mais pas pour elle-même, poursuit-il. L’objectif de cette formation est de casser les stéréotypes. »

Pour faire prendre conscience aux femmes de cet état de fait, #NégoTraining propose des jeux de rôles et prodigue différents conseils pour aider celles-ci à réformer leur comportement : le premier est de préparer son entretien en s’informant sur le montant du salaire moyen pour un poste équivalent.

A partir de cette première évaluation, la stratégie de négociation consiste à laisser le manager faire une proposition sur laquelle rebondir.

« Le premier qui donne une somme a un inconvénient dans la négociation » indique André Sobczak. En réponse, indiquer une fourchette, en mettant dans le bas de la fourchette la somme qu’on souhaite atteindre.

Le manager, qui répond en général au milieu de la fourchette, aura l’impression de gagner, alors que la candidate aura plus que la somme qu’elle espérait.

Enfin, comme il n’y a pas d’augmentation systématique individuelle annuelle, rebondir en étant force de proposition pour obtenir une prime, un avantage en nature, une formation permet de sortir de la négociation avec le sentiment d’avoir réussi, et entretient la confiance en soi, indispensable pour les prochaines négociations.

Ces formations, gratuites et réservées aux femmes, ont lieu dans une quinzaine de villes en France, mais aussi en distanciel. Rendez-vous sur le site de #NégoTraining pour être prévenue lorsqu’une formation s’ouvre.

Par Véronique Pierré