Egalité Professionnelle

Parité : les femmes émergent au sommet des grandes entreprises

Temps de lecture 4 min Aurélie Tachot
La féminisation des équipes dirigeantes se poursuit au sein des entreprises du SBF120, selon la 2e édition de l’étude « Mixité au sommet », menée par le cabinet de conseil Heidrick & Struggles. Zoom sur les quatre enseignements clés à retenir.

31 % des entreprises respectent déjà les quotas

« Près d’un tiers des entreprises du SBF120 comptent aujourd’hui au moins 30 % de femmes dans leur Comex et sont donc déjà en phase avec les quotas imposés par la Loi Rixain pour 2027 », explique Jennifer Flock, partner au sein du cabinet Heidrick & Struggles. Un pourcentage en croissance de 13 points par rapport à 2020. Parmi ces 36 entreprises « bonnes élèves » : Nexity, ADP, l’Oréal, Saint-Gobain…
Les entreprises des services financiers et des biens de consommation sont les plus en avance sur le sujet. Du fait, notamment, de leur manque d’attractivité auprès des femmes, les entreprises industrielles sont davantage à la traîne. « Les filières de la santé et des sciences de la vie sont, quant à elles, celles qui se féminisent le plus rapidement », indique Emma Burrows, partner au sein du cabinet.

78 femmes dirigeantes manquent à l’appel

Preuve que le sujet de la mixité est pris en compte de manière inégale par les comités de nomination, plus des deux tiers des grands groupes cotés du SBF120 doivent promouvoir des femmes dans leurs instances dirigeantes.

D’après l’étude d’Heidrick & Struggles, il en manquerait aujourd’hui 78 pour atteindre le fameux quota de 30 % dans cinq ans, dont 33 pour les seuls groupes du CAC40. Pour s’entourer de femmes dirigeantes, les entreprises du SFS120 se tournent davantage vers le recrutement externe que la mobilité interne : 36 % sont recrutées de cette manière, contre 29 % d’hommes.

Un écart qui démontre qu’il est encore difficile « de mettre en place un escalier interne permettant d’accompagner les talents féminins vers le sommet », explique le cabinet de chasse de tête.

La femme dirigeante du SBF120 a 51 ans

Les femmes qui occupent d’ores et déjà des postes de direction au sein des entreprises du SBF120 sont âgées de 51 ans en moyenne, contre 55 ans pour leurs homologues masculins.

Elles occupent, pour plus de deux tiers d’entre elles des postes fonctionnels : en marketing et communication (54 %), dans le juridique (51 %), en ressources humaines (50 %) …

Trustées par 86 % des hommes, les fonctions opérationnelles leur échappent : seules 14 % de femmes (vers 12 % en 2020) occupent ce type de poste. « Le risque existe que les Comex fonctionnent à deux vitesses, avec des hommes qui gèrent le business et des femmes qui s’occupent du fonctionnel », pointe Hervé Borensztejn, responsable d’Heidrick Consulting, regrettant cette répartition « de plus en plus genrée » des fonctions.

14 entreprises sont dirigées par des femmes

En 2022, 14 entreprises du SBF120 (Nexity, Maisons du Monde, Sodexo, Europcar…) sont dirigées par des femmes, contre 10 en 2020. Un chiffre qui devrait continuer à progresser en 2022 avec les récentes nominations de femmes au sein des entreprises de cet indice dont Chrystel Heydemann chez Orange, Estelle Brachlianoff chez Veolia et Sabrina Soussan chez Suez.
À noter que les femmes appellent généralement d’autres femmes. « Les entreprises dirigées par les femmes sont les plus avancées en matière de parité. Leur Comex font partie des plus féminisés », souligne Hervé Borensztejn. 57 % des entreprises dirigées par une femme ont en effet atteint le seuil des 30 % et 43 % le seuil des 40 %. La dynamique de féminisation du SBF120 se consolide donc doucement mais sûrement.

Par Aurélie Tachot