Handicap

Hello Handicap, un salon virtuel pour trouver du travail

Temps de lecture 6 min Véronique Pierré
Avec 160 employeurs et 25 000 offres, le salon Hello Handicap 100 % digital, du 26 au 29 avril 2022, est une porte ouverte sur l’emploi pour les travailleurs handicapés. Lucie Caubel, directrice du développement du salon, a répondu à nos questions.

De quand date le salon Hello Handicap, et quelles sont ses spécificités ?

Nous avons créé Hello Handicap en 2011 pour répondre au besoin des entreprises qui doivent recruter mais ont du mal à trouver les bons profils. Notre mission : faciliter la mise en relation entre les candidats en situation de handicap et les recruteurs.

C’est un salon où toutes les contraintes qui freinent la rencontre pour les personnes en situation de handicap sont digitalisées, qu’elles soient matérielles (trouver le temps, se déplacer, risquer de tomber sur son employeur) ou psychologiques (comme l’angoisse de montrer son handicap quand il est visible).

Même aujourd’hui, après le développement de la visio, nous avons fait le choix de ne pas la proposer, car la visio peut constituer un facteur de discrimination involontaire. Un premier entretien par téléphone permet de se concentrer sur l’essentiel.

Concrètement, comment ça se passe ?

Un algorithme recommande aux candidats les offres qui correspondent à sa recherche.

De leur côté, les recruteurs ont accès à une interface qui leur permet de sélectionner des candidats. Lorsque l’entreprise et le candidat ont envie de se rencontrer, il y a un premier entretien téléphonique.

Environ 2 candidats sur 3 sont retenus pour poursuivre le process de recrutement dans l’entreprise après cet entretien téléphonique : c’est ici que s’arrête le champ d’action de Hello Handicap.

Il est important de comprendre que ce salon ne propose pas d’offres spécifiquement dédiées aux personnes en situation de handicap : chaque entreprise peut mettre toutes ses offres sur le salon, avec tout type de contrat et tout profil.

Comment accompagnez-vous les entreprises ?

Quelques rares entreprises ont des idées reçues, pensent que les personnes en situation de handicap n’ont pas les compétences.

Notre métier, c’est de contribuer à développer un niveau de maturité, que la grande majorité de nos entreprises partenaires possèdent.

Nous faisons de la sensibilisation et de l’accompagnement des recruteurs, sur chaque étape du recrutement : comment rédiger une offre qui réduit l’autocensure vis-à-vis du travailleur handicapé, comment mettre en avant l’environnement de travail, comment se concentrer sur les compétences essentielles ?

Lors de la présélection, nous donnons des conseils et des bonnes pratiques sur la conduite de l’entretien : comment aborder le poste avec le candidat, faut-il évoquer le sujet du handicap, et comment ? Par exemple, il ne faut pas poser la question « Quel est votre handicap » mais « de quels aménagements avez-vous besoin ? »

Vous existez depuis 10 ans, quel est le retour d’expérience ?

Nous savons que nous touchons des candidats plutôt qualifiés : plus de 50 % des candidats ont un niveau bac +2 ou supérieur. Nous avons 2 éditions par an (une en avril et une en octobre) dédiées aux grandes entreprises, qui présentent à chaque fois environ 25 000 offres d’emploi pour 25 000 à 30 000 candidats.

Il y a entre 5 000 et 8 000 premiers entretiens menés par édition.

Nous avons aussi une édition pour les PME de moins de 300 employés, gratuite pour les entreprises. Au final, nous pensons générer environ 2 000 embauches par an. Et de plus en plus, nous organisons, pour des entreprises qui font appel à nous, leur propre salon Hello Handicap dédié.

Par Véronique Pierré