Genre & orientation sexuelle

Chaque seconde, l’intolérance écourte des vies

Temps de lecture 4 min Véronique Pierré
C’est avec ce slogan que s’ouvre, le 17 mai, la 17e journée mondiale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie.

Créée à l’initiative de Louis-Georges Tin, un universitaire français né à la Martinique, militant contre l’homophobie et le racisme, la journée mondiale a pour objectif d’attirer l’attention sur les discriminations homophobes et transphobes, en organisant des colloques, des manifestations ou des événements artistiques. Le programme de la journée du 17 mai en France est consultable ici.

Il y a – seulement – un peu plus de 30 ans, le 17 mai 1990, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) retirait l’homosexualité de la liste des maladies mentales.

Aujourd’hui, d’après le rapport 2020 de l’Association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes (Ilga), 69 États dans le monde répriment l’homosexualité (Algérie, Sénégal, Cameroun, Ethiopie, Liban, Jordanie, Ouganda…) et les relations homosexuelles sont passibles de la peine de mort dans 11 pays (Iran, Yemen, Mauritanie, Nigeria, Arabie Saoudite, Brunei…).

L’Union européenne : “zone de liberté LGBTIQ”

En Europe, pour répondre au recul des droits LGBTIQ dans certains pays de l’UE, dont la Pologne et la Hongrie, et lutter contre les violations des droits fondamentaux des personnes LGBTIQ, le Parlement a déclaré, en mars 2021, l’Union européenne « zone de liberté LGBTIQ ».

En France, qui a aboli le crime de sodomie en 1791 et la discrimination liée à l’âge de la majorité sexuelle (15 ans pour les hétérosexuels et 21 pour les homosexuels) en 1982, le ministère de l’Intérieur a recensé 1870 victimes d’actes homophobes et transphobes en 2019.

Un chiffre sans doute sous-estimé – toutes les victimes ne se déclarent pas – et qui ne tient pas compte des réactions, conscientes ou non, de rejet, d’exclusion, des injures que subissent régulièrement les personnes LGBTIQ.

« L’orientation sexuelle, comme l’identité de genre, n’est pas un choix, martèle Alexandre Marcel, président du comité IDAHO France, une ONG d’intérêt général défenseure des droits humains, qui organise des actions contre les LGBTphobies et lutte pour la dépénalisation universelle de l’homosexualité. On ne choisit pas non plus d’être né dans une société qui nous persécute. »

L’orientation sexuelle au travail : un sujet encore tabou

« La journée du 17 mai est l’occasion de rappeler que la France reste pleinement mobilisée dans la lutte contre la stigmatisation et les violations graves des droits humains dont sont victimes les personnes LGBTIQ partout dans le monde. »

Une mobilisation qui doit concerner aussi les entreprises.
D’après le Défenseur des droits, on estime qu’entre 1 et 2 millions de personnes LGBT cacheraient leur orientation sexuelle au travail en France ; 1 personne sur 3 considère que le fait de révéler son homosexualité́ à son entourage professionnel peut avoir un impact négatif sur la carrière.

Pour aider les entreprises à lutter contre les discriminations et à créer un climat inclusif pour les personnes LGBTQI, le Défenseur des droits a publié, en 2017, un guide toujours d’actualité :
« Agir contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre dans l’emploi » et l’association L’Autre Cercle a publié sur son site une série de témoignages vidéos.

Par Véronique Pierré