Egalité Professionnelle

Parité mondiale : il faudra attendre 2157 !

Temps de lecture 4 min Aurélie Tachot
En matière de parité, mieux vaut se montrer patient. Une étude publiée en 2020 par le Forum économique mondiale de Davos indique que la parité mondiale était attendue dans un siècle. En creusant les inégalités entre les hommes et les femmes, la crise du Covid-19 a toutefois fait reculer cette échéance de 36 ans.

Les écarts entre les hommes et les femmes se creusent

2157 : c’est la date à laquelle l’égalité mondiale entre les hommes et les femmes devrait être atteinte, selon la 15e édition de l’étude annuelle du forum économique de Davos, qui analyse la parité sous quatre prismes : les opportunités économiques, l’éducation, la santé et la place en politique.

En 2020, les écarts mesurés entre les sexes se sont creusés de 0,6 point à l’échelle planétaire. La crise du Covid-19 a retardé, à elle seule, l’échéance de plus d’une génération : 36 ans précisément. « La pandémie a eu un impact fondamental sur l’égalité femmes-hommes, tant sur le lieu de travail qu’à la maison, faisant reculer des années de progrès », explique, dans un communiqué, Saadia Zahidi, membre du comité exécutif du Forum économique mondial.

Les femmes ont perdu leur emploi pendant la crise

Si les femmes ont davantage souffert de la crise que leurs homologues masculins, c’est parce qu’elles ont été plus nombreuses à perdre leur emploi, du fait de leur surreprésentation dans des secteurs comme le tourisme, l’événementiel, la vente… qui ont été directement impactés par les mesures de confinement. En 2020, 5 % des femmes à l’échelle mondiale ont perdu leur poste, contre 3,9 % chez les hommes, d’après l’Organisation internationale du travail (OIT).

Pendant la crise, la charge qui a pesé sur leurs épaules concernant les tâches ménagères ou la garde des enfants a également été « disproportionnée », selon Saadia Zahidi. En France, les inégalités entre les hommes et les femmes s’apprécient également sous l’angle des salaires. D’après l’étude, le revenu estimé des femmes ne représente que 71 % du salaire des hommes.

La France, 16e au classement des pays égalitaires

D’après l’étude, le pays le plus égalitaire reste l’Islande (dirigé par une femme), pour la 12e année consécutive. En 2021, la France a reculé d’un rang en occupant la 16e place du classement, cette année réalisé auprès de 156 pays. Sur la thématique des salaires et des carrières, l’hexagone (qui prône l’égalité dans sa devise nationale) ne décroche que la 58e place, derrière Madagascar. Seul réconfort : la France arrive en haut du classement en matière d’éducation.

Une médaille qui vaut vraiment de l’or puisque la formation constitue, selon les auteurs de l’étude, un des leviers essentiels pour relever le prochain défi : améliorer la présence des femmes dans les disciplines les plus porteuses de demain, à savoir les nouvelles technologies, les sciences, l’ingénierie…