Précarité

Télétravail : comment les entreprises ont fait face aux disparités liées aux confinements ?

Temps de lecture 4 min Julie Falcoz
Si le pays entier a fait une pause (presque) obligatoire lors du premier confinement, les inégalités sociales ont continué de se creuser, notamment au sein d'une même entreprise. Comment ont été gérées ces disparités ?

Charge domestique, isolement, accès numérique, exercices physiques, nutrition… Tous les sujets et toutes les couches de la société étaient concernés. « Lors du premier confinement, nous savions qu’il y aurait plus de risques psycho-sociaux. Avant l’arrivée de mauvais signaux, nous avons rapidement mis en place des actions », témoigne Jean-Charles Voirin, DRH chez Amicio, prestataire de relation client qui utilisait déjà le télétravail avant l’arrivée du Covid. Grâce à l’utilisation récurrente du travail à domicile, chaque salarié disposait déjà d’un espace de travail calme et confortable avec un bon réseau internet.

Début avril 2020, le programme de bien-être Vie Programme a été ouvert à tous alors qu’il était en phase de test quelques mois avant. « En plus, notre réseau social interne nous a permis de donner des informations, reconstituer des relations de travail presque classiques avec des salons de tchat et surtout reconnecter les personnes à risques ou au chômage partiel pour garder le lien », assure Jean-Charles Voirin. 

Sondage et prévention 

Au sein de Shine, compte bancaire professionnel en ligne, c’est un sondage au milieu du confinement qui a permis de prendre le pouls des collaborateurs. « Cela nous a permis d’identifier quelques personnes pour qui c’était compliqué, soit parce qu’il y avait trop de monde à leur domicile pour travailler correctement ou au contraire elles étaient trop isolées. Nous avions la possibilité de rouvrir les locaux plus vite que prévu pour ce public prioritaire, avec un système de rotation pour 10 personnes maximum », résume Mathilde Callède, DRH Shine.

De plus, les salariés ont bénéficié d’une chaise, d’un bureau et d’une lampe pour télétravailler, de cours de yoga et d’ateliers cuisine en visio, ainsi que de quatre séances de psychothérapie offertes via la plateforme moka.care. « Cette initiative a reçu un très bon accueil. Il y avait un réel besoin », souligne Mathilde Callède.

Cette banque en ligne avait fait le choix, avant le confinement, de maintenir les tickets restaurant sur les jours de télétravail pour ne pas entraîner de baisse de rémunération. Côté prévention, les salariés ont été prévenus des dangers de l’hyperconnexion, il n’y avait donc pas de réunion avant 9h et après 17h30.  

Télétravail, enfants en bas âge et téléphone 

Chez Klaxoon, suite d’applications et d’outils collaboratifs, l’accent a été mis sur l’adaptation : « Pour chaque métier, une solution. Il y a eu beaucoup de dialogue. Le but était que les équipes puissent continuer à travailler normalement », confie Virginie Lucuron, DRH. Par exemple, certaines personnes ont travaillé à 40 % au début du confinement. « Dans mon équipe, une mère célibataire avait besoin d’une heure et demi par jour pour les devoirs de son fils, on a adapté ensemble son emploi du temps », raconte Marie Barbesol, chief evangelist.

Pour mesurer la santé des équipes, l’équipe RH a contacté chacun des 250 salariés en télétravail une fois par semaine pendant toute la durée du premier confinement. En plus de proposer des cours de sport tous les jours midi et soir, un coach sportif a travaillé dans la continuité à travers un sondage pour identifier des problèmes physiques ou nutritionnels, avec un coaching si besoin. La start-up a fait le choix de maintenir ses moments forts de l’entreprise, soirée de Noël et séminaire inclus. « Tout a été fait pour garder le lien et maintenir la santé mentale et la santé physique de nos collaborateurs », assure Virginie Lucuron.