Etat de santé

Coline.care, une startup pour favoriser l’inclusion des collaborateurs malades ou en situation de handicap

Temps de lecture 6 min Véronique Pierré
En novembre 2021, Jonathan Boudault a confondé avec Mathilde Murzeau coline.care, un site qui a pour objectif de favoriser la santé au travail et l’inclusion des collaborateurs touchés par la maladie chronique ou par un handicap.

Comment avez-vous eu l’idée de créer Coline.care ?

Il y a 5 ans, les médecins ont découvert à Mathilde une pathologie chronique, qui l’a obligée à prendre un congé de plusieurs mois. A l’époque, elle travaillait dans une grande entreprise. A son retour, et malgré la bienveillance et l’accompagnement de son entreprise, elle s’est sentie en décalage et a souhaité changer d’environnement professionnel. Dans sa nouvelle entreprise, elle n’a pas évoqué sa pathologie lors de son recrutement.

Quelques mois après, lorsqu’elle en a parlé, ça s’est mal passé. On a commencé à la regarder différemment, lui donner moins de missions, de projets, lui faire comprendre qu’elle n’était pas utile à l’entreprise. Elle a décidé de partir pour créer un site autour de ces problématiques.

Quelle est la spécificité du site ?

Nous mettons en relation des salariés qui partagent le même vécu (malades, aidants…). Notre objectif est de favoriser l’inclusion de tous les collaborateurs confrontés au handicap ou à une maladie chronique, pour eux-mêmes ou pour des proches.

Les entreprises n’ont pas toujours les compétences pour accompagner ces collaborateurs. Nous leur proposons un abonnement qui permet aux salariés d’entrer en contact avec des patients experts qui ont la même pathologie qu’eux.

Ces patients experts, ou patients partenaires, ne remplacent évidemment pas les médecins, les psys le personnel soignant en général. Nous leur proposons un abonnement qui permet aux salariés d’entrer en contact avec des patients experts qui ont la même pathologie qu’ eux. Ces patients experts, ou patients partenaires, ne remplacent évidemment pas les médecins, les psys le personnel soignant en général.

Lire aussi : Concilier vie professionnelle et bipolarité

Comment s’assurer que les patients experts gardent la bonne distance et sont capable d’écouter sans influencer ?

Ils possèdent un savoir expérientiel qui leur permet d’accompagner le patient grâce à un vécu partagé, et de l’aider sur différents sujets : annonce de la maladie à son manager, à sa famille, démarches administratives, etc. Ils se sont formés pour cela, avec un DU (diplôme universitaire) de patient expert.

Grâce à ce diplôme, ils ont appris à avoir une certaine distance par rapport à leur maladie et à leur vécu, à pratiquer l’écoute active. Ce diplôme les légitime en tant qu’accompagnant mais pour nous ce n’est pas le seul critère : ils passent aussi un entretien avec notre psychologue, qui vérifie leur capacité à écouter et évalue leur aptitude à devenir patient partenaire.

Nous avons des patients partenaires dans différentes maladies (cancer poumon, sein, endométriose, sclérose en plaque, bipolarité, addiction, diabète, Parkinson…).

Concrètement, comment se déroule cet accompagnement ?

Il s’agit d’un échange individuel, via des séances en visio. Certaines entreprises ne veulent pas de contraintes par rapport au nombre de séances, d’autres au contraire ont un budget très limité. Dans ce cas, nous proposons un nombre de séances par mois. Un même salarié peut faire plusieurs séances au cours du même mois, tant que le contrat de l’entreprise le lui permet.

Lorsqu’il s’inscrit, il a accès aux fiches de présentation de deux patients experts, ce qui lui permet de choisir, voire de changer si la première séance ne lui a pas convenu. Enfin tous les collaborateurs de l’entreprise peuvent créer un compte et avoir accès à nos contenus.

Quel type de contenus proposez-vous ?

Des articles, des podcasts, des masterclass. Nous partons à la rencontre de personnes qui vivent une situation hors du commun, et qui montrent qu’on peut vivre avec la maladie. Nous voulons redonner espoir aux personnes qui viennent d’apprendre qu’elles sont malades, leur faire partager une vision optimiste. Dans nos masterclass, une personne raconte son expérience en 6 courtes vidéos, explique comment elle a pu s’adapter à sa nouvelle situation pour apprendre à travailler.

Nous proposons aussi des conférences et ateliers de sensibilisation et prévention, pour montrer à tous que la maladie ne s’arrête pas à la porte de l’entreprise… Enfin, comme Mathilde a eu l’occasion de s’apercevoir que les managers n’étaient pas bien formés à certaines situations, nous avons conçu des formations pour les aider à gérer ces situations, pour éviter les maladresses.