Quoique répandu, le harcèlement reste mal connu des salariés

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Les situations de harcèlement au travail ont beau être reconnues comme un facteur de souffrance au travail, elles restent très difficiles à identifier pour les salariés français, d’après une enquête menée par le cabinet Qualisocial avec l’IPSOS.

Qu’est-ce qui relève ou non du harcèlement ? Cette question, peu de salariés savent y répondre. D’après une enquête menée en 2025 auprès de 3000 salariés par Qualisocial en partenariat avec IPSOS, 25% des salariés interrogés se déclarent en mauvaise santé mentale. « Nous avons soumis au panel des situations en leur demandant d’identifier s’il s’agissait ou non de harcèlement. Les résultats préoccupants montrent que le devoir de pédagogie n’est pas encore fait, ne permettant pas de sortir d’un problème systémique », indique Camy Puech, PDG du cabinet Qualisocial. Et pourtant, les situations de harcèlement sont nombreuses.

Une méconnaissance lourde de conséquences

Si les entreprises peinent encore à s’emparer du sujet, c’est parce qu’elles n’en ont pas toujours vent. Seules 34 % des victimes de harcèlement au travail déclarent en effet que leur employeur a été au courant de la situation. Et pour cause : les initiatives visant à sensibiliser les salariés sur le sujet sont encore rares voire inexistantes. Seul un tiers des sondés cite l’existence d’une communication à destination des salariés sur les personnes à prévenir en cas de harcèlement. La loi de mars 2022, qui impose la désignation d’un référent harcèlement au sein des entreprises, est loin d’être suffisante. D’ailleurs, seule 1 entreprise sur 8 répond à cette nouvelle obligation. Pourtant, le sujet est un enjeu majeur pour les organisations, « tant l’impact sur le collectif de travail est délétère et le risque d’image majeur », commente Camy Puech.

Quand souffrir au travail devient la norme

Le Baromètre Santé mentale & QVCT 2025 est formel : la santé psychologique au travail reste fragile. L’enquête montre que les salariés les plus impactés sont souvent les plus vulnérables : jeunes femmes, temps partiel, foyers monoparentaux, personnes avec maladies chroniques. Côté secteurs, les métiers en contact avec le public ; comme la restauration, le médico‑social ou l’administration ; signalent des taux de mal-être supérieurs à la moyenne, entre 30 % et 34 %.

L’un des facteurs clés ? Le manque de confiance en l’avenir, point crucial de l’étude : un salarié pessimiste a 4,3 fois plus de chances de se déclarer en mauvaise santé mentale. Cela en dit long : face aux incertitudes ; pertes d’emploi, pressions budgétaires, crises mondiales ; le sentiment d’instabilité pèse lourd sur la santé psychologique.

8 recommandations simples pour réduire le harcèlement au travail

Des salariés qui maîtrisent le sujet et leurs propres comportements

  1. Former les dirigeants au plus haut niveau
  2. Former les managers sur leurs pratiques au quotidien
  3. Sensibiliser tous les salariés
  4. Désigner des référents et les former

Des outils pour agir le plus tôt possible et en tirer les enseignements

  1. Mettre en place un dispositif de signalement avec soutien psychologique
  2. Mener une enquête face à chaque signalement
  3. Accompagner psychologiquement les salariés victimes comme les présumés coupables
  4. Mettre en œuvre des plans d’action concrets afin que les situations ne se reproduisent plus
  5. Associer le CSE aux démarches de prévention

La prévention, un levier de résilience

Heureusement, l’étude révèle une lueur d’espoir : dans les organisations dotées d’un plan de prévention complet, 83 % des salariés jugent leur santé mentale améliorée. Et ce n’est pas du luxe : seulement 23 % bénéficient de ces dispositifs, tandis que 39 % n’ont accès à aucune mesure préventive — le chiffre monte à 51 % dans l’enseignement et 59 % dans les TPE.

Or, les retombées sont significatives : +26 % de salariés en bonne santé mentale, +39 % d’engagement, +55 % d’énergie — et une capacité de concentration 2,4 fois supérieure à ceux ne bénéficiant d’aucune action.

Ces recommandations permettent une forte réduction des comportements harcelant au travail selon Qualisocial.

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